Armand Tatossian RCA 1948-2012


Biographie

Dès sa naissance en Égypte en 1948, l’art coulait dans les veines de cet artiste d’origine arménienne. Son grand-père, lui-même artiste et conservateur au musée d’Alexandrie en Égypte, remarqua ses dons lorsqu’il avait à peine six ans et, l’emmenant à la plage, lui apprit à dessiner en commençant par les nuages. Sa formation lui permettait de guider son petit-fils dans sa carrière artistique, tout comme il avait appris la peinture à son fils, qui poursuivit une carrière de paysagiste au Canada. Le grand-oncle d’Armand Tatossian, peintre également, compléta son apprentissage des beaux-arts. De toute évidence, aucun autre environnement familial n’aurait pu mieux lui convenir.

En 1965, il se consacra entièrement à la peinture et put ainsi voyager et exposer ses oeuvres à l’échelle internationale. L’année suivante, il étudia sous la direction de Jose Majzner, un sculpteur serbe. Constamment à la recherche d’inspiration et de conseils, Tatossian travailla ensuite sous la direction d’Adam Sheriff-Scott à restaurer plusieurs des premières murales de l’artiste. Il offrit ses services à titre gracieux, mais reçut de son maître un enseignement inestimable et finit par devenir son assistant et l’accompagna dans diverses aventures artistiques, à l’occasion desquelles il fit la connaissance de peintres majeurs, tels que Goodridge Roberts, A.Y. Jackson et Stanley Cosgrove.

Malgré une formation et des études artistiques approfondies, Armand Tatossian suivit ses cours à l’Académie des beaux-arts de Paris, puis à l’Académie Carrera en Italie, où il élabora le style figuratif impressionniste qui lui vaut aujourd’hui encore sa renommée. Son séjour de 1970 en Grèce fut probablement l’étape la plus marquante de sa vie. Fortement impressionné par l’intensité des couleurs du paysage et leur métamorphose sous la lumière solaire, il allait se concentrer sur ces trois éléments : la couleur, l’ombre et la lumière, éliminant le noir et le blanc de sa palette. En 1973, l’originalité de son approche et sa technique lui valurent l’honneur de devenir le plus jeune membre de l'Académie royale des arts du Canada. Ce titre allait consolider sa réputation d’artiste professionnel, bien qu’il ait déjà exposé dans plusieurs galeries internationales.

Son enseignement au Collège Loyola et à l’Université Concordia compléta une carrière déjà bien remplie, montrant la voie à nombre de jeunes artistes à la recherche d’une technique personnelle. Il est surtout connu pour ses représentations impressionnistes de bâtiments (tant en ville qu’à la campagne), ainsi que pour ses fantastiques créations de sous-bois. Ses toiles portent invariablement sa griffe et contraignent le public à imaginer des perspectives au-delà de ses tableaux.

Son oeuvre a fait l’objet de maints ouvrages et figure dans de nombreuses collections spéciales, entre autres dans Les géants de Montréal, New York par Tatossian et Ton sur ton, laquelle se compare à une thèse et reste sans doute la plus réussie. Sa passion de la couleur se traduit par une succession de peintures monochromatiques se déclinant en plusieurs tons sur la même toile. Il considère la couleur comme ayant « une signification émotionnelle, indépendante de la forme ou de la composition ». Par conséquent, le fait de consacrer toute une série à l’utilisation de la couleur dans la forme constituait l’aboutissement d’une recherche depuis longtemps entreprise. Grâce à de telles collections, Tatossian s’élève au-delà des conventions habituelles pour rechercher la nouveauté, tout en restant fidèle à son propre style. Les artistes tout comme les collectionneurs apprécient particulièrement ses œuvres. Jean-Paul Riopelle a lui-même été acquéreur de deux de ses tableaux, tandis que Jean Chrétien et plusieurs autres premiers ministres et présidents en possèdent plusieurs. Les collectionneurs institutionnels tels que Bell Canada, l’Université McGill et l’Hôpital Shriners exposent également des témoignages de la perception unique de l’artiste sur le monde environnant.


Oeuvres de l'artiste