Henri Leopold Masson RCA 1907-1996


Biographie

Né à Namur en Belgique, Henri Masson, avait l’habitude d’observer son grand-oncle maternel, Arthur Boumonville, un peintre du dimanche, alors qu’il représentait des paysages ou des scènes de chasse. Dès son jeune âge, Henri se construisit un chevalet pour expérimenter avec la couleur, suivant ainsi une vocation artistique précoce. Son père travaillait dans une vitrerie produisant d’immenses panneaux de verre et le garçon fut élevé dans une ambiance propice aux préoccupations esthétiques.

Malgré l’invasion allemande de la Belgique en 1914, la famille Masson demeura à Namur. Peu de temps après, à la mort de son père, sa mère et lui déménagèrent à Bruxelles où il suivit les cours d’une école publique et de l’Athénée royal.

Ayant rencontré un soldat canadien après l’armistice, sa mère, accompagnée d’Henri, se rendit à Ottawa pour s’y remarier en 1921. Henri, alors âgé de quatorze ans, s’inscrivit à l’École Saint-Jean-Baptiste, dirigée par les Frères des Écoles chrétiennes et y poursuivit ses études durant deux ans. À seize ans, il commença comme apprenti dans une boutique de gravure à l’eau-forte et, deux ans plus tard, il commença à décorer des bijoux et réaliser des gravures sur métaux (plaques de cuivre ou de cercueil, bagues, plats d’argent et objets sacrés).

En 1929, il épousa Germaine Saint-Denis, dont il eut trois enfants : Armande (1930), Carl (1937) et Jacques (1939). En 1932, âgé alors de vingt-cinq ans, il devint maître graveur. Durant ses moments libres, il fréquentait l’Ottawa Art Association pour y suivre l’enseignement de George Rowles. Habitué de la Galerie nationale, il eut l’occasion de découvrir les oeuvres hautes en couleurs du Groupe des Sept et s’inspirant de leurs tableaux, il mit au point un style personnel, très coloré. C’est en 1934 qu’il commença à se faire vraiment connaître grâce à ses toiles.

Quelques années plus tard, décrivant la vie de l’artiste à cette époque, le docteur Marius Barbeau parle « d’un champ d’action dans les environs, centré sur les ondulantes collines de Gatineau et de Petit-Nation, au nord de la rivière Ottawa, les travaux des champs, la prière et les jeux des habitants — essentiellement francophones — ainsi que les occupations et passe-temps des urbains à Hull, la ville industrielle. Masson avait l’habitude de s’installer devant son chevalet, assis ou debout, dans un champ le long d’une route de campagne, le samedi ou le dimanche après-midi, seuls moments où il pouvait peindre à l’air libre, car le reste de la semaine était fort occupé par la gravure sur argent pour le compte d’un grossiste travaillant le métal. Au début, en compagnie de son ami Flood, un dessinateur pour le compte du gouvernement, et ensuite avec Tom Wood, un jeune peintre talentueux, armé de son carnet de croquis, il s’en allait à la campagne. Chacun travaillant de son côté, ils se réunissaient pour comparer leurs dessins, et en faire une critique… Jusqu’alors ses dessins se limitaient à des représentations imagées ou naïves, dans la manière médiévale, rehaussées de traits caricaturaux ou teintées d’une légère ironie. Son approche se situait à l’opposé de la complaisance ou d’une certaine pédanterie.

Nombre des toiles de Masson, originales et harmonieuses, séduisirent même un public au goût conservateur, comme le paysage mouvementé, surmonté de trois buttes et intitulé Retour des chasseurs, où ces derniers transportent un chevreuil, accroché sur un long bâton. N’éprouvant pas une grande fascination pour les couleurs éteintes de l’été, le peintre se distingue dans les tonalités riches et mordorées de l’automne. Un jour pluvieux ou neigeux dans la banlieue lui convient aussi parfaitement. Il représente alors des patineurs ou une bataille de boules de neige. Dans le contexte d’une rue très fréquentée, à première vue guère inspirant, il parvient à créer des scènes puissantes et riches de significations.


Oeuvres de l'artiste