Adrien Hébert RCA 1890-1967


Biographie

Au début, la production du peintre montréalais Adrien Hébert paraît principalement axée sur les muralistes Henri Martin et Puvis de Chavannes, ainsi que sur celle de certains post-impressionnistes tel Henry Moret. Puis, avant de se figer lentement dans cette formule typique des meilleurs peintres montréalais des années trente que l'on qualifierait de « fauvisme assagi », l'artiste manifeste un goût certain pour la forme cézannienne.

Il n'a pas lui-même poussé l'expérience cézannienne jusqu'à la pratique d'un certain cubisme, mais il n'en faut pas tant pour ouvrir un chapitre nouveau au dossier que l'histoire a tissé entre Cézanne et le Canada.

On pourrait dénombrer, à date, une quinzaine de tableaux plus ou moins cézanniens d'Adrien Hébert, qui se situent tous entre 1920 et 1925. Ils ne sont pas tous datés, mais, dans un cas comme dans l'autre, des raisons d'ordre historique ou stylistique confirment la nécessité de les considérer à l'intérieur de ces strictes limites et dans une chronologie qui ne saurait varier considérablement.

Lorsqu'il fait un stage d'études à Paris en 1912 et 1913, Adrien Hébert ne semble pas s'intéresser à Cézanne. Il a probablement vu quelque tableau de lui au Musée du Luxembourg ou chez les marchands Vollard et Bernheim-Jeune. La Bretagne l'attire et il peint ses paysages à la manière de certains artistes comme Henry Müret et Camille Maufra dont il avait vu des oeuvres au Canada en 1909. Ainsi, de 1914 à 1916, Hébert cherche une synthèse des diverses influences qu'il a subies depuis le début de sa carrière. Par la suite, il peint bon nombre de tableaux plutôt sombres faisant songer à Kerr-Xavier Roussel, grand admirateur de Cézanne.

Il est très plausible, qu’à compter de l'année 1918, Adrien Hébert ait cherché à mieux connaître l'oeuvre de Cézanne. On croit qu’en 1914, il s'est lié d'amitié avec Fernand Préfontaine qui fondera la revue de critique littéraire et artistique. Ami de Guillaume Apollinaire, il aime causer peinture, et n'a sans doute pas manqué de s'entretenir avec Adrien Hébert. Chose certaine, Fernand Préfontaine l'invite à écrire un hommage à Cézanne pour la revue et l'article paraît dans le numéro du mois d'avril. À peine quatre cents mots pour saluer Paul Cézanne dans une revue qui se veut avant-gardiste, cela paraîtra bien peu. On y dit cependant des choses essentielles et il appert que peu d'articles du genre avaient alors été publiés dans des revues. Cézanne, lira-t-on entre autres sous la plume de Robert Mortier, « a vu le côté massif et plein des objets. » Adrien Hébert a probablement été touché à la lecture de ces mots. Peut-être l'a-t-il été davantage en entendant l'artiste français causer de la poétique formelle chez Cézanne, laquelle invite à des explorations du côté des formules plastiques non occidentales que Mortier utilisait lui-même.


Oeuvres de l'artiste