Marcelle Ferron RCA 1924-2001


Biographie

À une époque où les femmes étaient rarement reconnues dans le domaine artistique, Marcelle Ferron revendiqua sa place, ouvrant même de nouvelles voies à de nombreuses artistes à venir. Ses opinions sociales et politiques ont joué un rôle aussi important dans sa carrière que son don pour les arts. En 1941, elle s'inscrivit à l'École des beaux-arts du Québec et étudia sous la direction de Jean-Paul Lemieux, mais fut finalement expulsée par suite d’une discussion animée avec l’un de ses professeurs. Ses ennuis lui venaient de ses opinions sur l'expression et la créativité qui la conduisirent à Montréal, où elle fit la rencontre de Paul-Émile Borduas et d’Alfred Pellan, membres fondateurs du groupe Les automatistes. Elle adhéra sans réserve à leur philosophie et se joignit au groupe au milieu des années quarante. En 1948, elle participa à la création et la signature du manifeste Le Refus global. Il s’agissait alors d’une période déterminante pour l’art canadien, remettant en question le pouvoir clérical et son influence sur l'art. Cette opinion ne faisait cependant pas l’unanimité dans la population. Certains jugeaient qu’il s’agissait d’un pas dans la bonne direction, mais d'autres, y compris certains médias, qualifiaient ce discours de blasphématoire. Néanmoins, ce manifeste changea à jamais l'art canadien et Marcelle Ferron fut reconnue comme l’une des artisanes de cette évolution. Ses expositions obtinrent, pendant quelques années, des réactions mitigées. En 1953, Marcelle Ferron s’expatria en France pour travailler aux côtés de plusieurs de ses contemporains, dont Léon Bellefleur et Jean-Paul Riopelle. Demeurant à Paris, elle peignit et exposa ses œuvres et participa même à des expositions dans son pays d’origine, le Canada. En 1957, elle reçut une bourse du gouvernement du Canada pour continuer à vivre en France. Dans les années suivantes, elle décrocha plusieurs aides financières et remporta plusieurs prix à Montréal (Québec) et au Brésil. À son retour à Montréal, elle fut invitée à créer une verrière pour la station de métro Champ-de-Mars. Son concept, non figuratif, rencontra une forte résistance de la part du directeur artistique du métro, mais l’obstination de Marcelle Ferron, considérant que le jeu en valait la chandelle, lui permit de faire accepter son concept. On la considère aujourd’hui comme une précurseure dans l’avènement d’un concept des espaces publics véritablement contemporain. Tout en continuant de bénéficier de la reconnaissance des institutions pour son travail d’artiste, elle se consacra à l’enseignement. En 1973, elle fut la première femme à se voir décerner le prix Paul-Émile Borduas, une prestigieuse récompense dans le domaine des arts visuels accordée par le gouvernement québécois. À peu près à la même époque, elle fit son entrée à l'Académie royale des arts du Canada, un groupe d’artistes canadiens renommé dans le monde entier. Son travail séduit le grand public comme les collectionneurs privés qui font l’acquisition de ses œuvres, qui figurent également dans les collections permanentes des musées canadiens, américains, brésiliens et hollandais.


Oeuvres de l'artiste